Entrevue avec Pierre Daignault

    

«À 75 ans, je n'ai pas encore accroché mes patins»

    

Auteur, folkloriste et comédien, Pierre Daignault se souvient avec bonheur de son personnage des Belles histoires des pays d'en haut. «Il ne se passe pas une semaine sans que quelqu'un ne m'appelle père Ovide, confie-t-il. Ça me flatte, car ça signifie qu'on a aimé mon interprétation».

Pierre Daignault est né à Montréal le 25 mars 1925. Il a suivi les traces de son père Eugène, lui-même folkloriste et comédien. C'est d'ailleurs celui-ci qui a incarné le premier le père Ovide, d'abord à la radio puis au petit écran. À sa mort, Pierre lui succédait.

***

Votre carrière est très remplie. Parlez nous-en.

J'ai mis les pieds sur scène très jeune, aux cotés de mon père. À la maison, je répétais ses chansons et monologues avec lui. J'ai d'ailleurs hérité de son sens du folklore et de son amour du terroir. J'ai fait beaucoup de radio, tant à CKVL, qu'a CBF, comme chanteur folkloriste et comme comédien, notamment dans Rue principale. À la télévision, mon premier rôle a été celui d'un mendiant dans Le survenant. J'ai aussi joué dans La pension Velder, de même que dans CF-RCK et Rue de l'Anse, avant qu'on me propose de me joindre aux Belles histoires...

Lorsqu'on m'a demandé de remplacer mon père, ça été difficile pour moi, il venait de mourir et il fallait que je lui ressemble, que je parle comme lui. J'ai mis quelques jours à me décider, puis, comme il ne restait que trois émissions à la saison, j'ai finalement dit oui.Le premier jour de tournage, on ma donné les vêtements que mon père avait portés dans sa dernière scène. Ça ma donné le frisson. Puis j'ai dù m'habitué; car ç'a duré 10 ans.

Eugène et Pierre Daignault

Vous devriez être actuellement à l'hôpital, mais vous êtes chez vous. Racontez-nous ce qui se passe.

Je ne sais pas ce dont je souffre exactement, mais j'ai perdu 15 livres en deux semaines et je n'arrive pas à dormir. On me soumet à des examens, mais on ne trouve rien. Notre système de santé ne rend pas la tâche facile aux infirmières et aux médecins. Il faut être malade pour le savoir. Ce n'était pas ainsi en 1972, lorsqu'on ma opéré à coeur ouvert. Heureusement, ma femme, Isabelle, veille sur moi. Au printemps j'aurai retrouvé ma forme. Le père Daignault n'a pas accroché ses patins. J'aurai 75 ans en mars et ce sera mon année!

    

Entrevue gracieuseté de TV Hebdo

Photo gracieuseté de Pierre Saurel

Janvier 2000